Réflexion

Il a l’air d’un promeneur, à arpenter les rues de Paris, mais il réfléchit.

Elle est partie, sans lui, et lui la cherche partout. Elle est son talent, sa muse, comment pourrait-il vivre sans elle ?

S’il n’avait été question que d’une relation amoureuse, mais non ! sa passion, la peinture, était plus exigeante, et à elle n’égalait qu’une histoire passionnelle…

Une émotion intense coule enfin en lui; il doit peindre, et tout de suite. Il traverse la Seine, suit le quai des bouquinistes, et le voilà arrivé place Saint Michel. Il monte quatre à quatre les escaliers d’un vieil immeuble, ouvre une porte et pénètre dans son atelier.

Meublé de façon assez spartiate, le studio demeure dans la pénombre de ces vieilles chambres de bonnes, où les persiennes sont tellement étroites que les murs blancs en paraissent gris.

Saisissant son pinceau, il arrache une toile du tas de matériel qui encombre son bureau, l’installe au sol, débouche un tube de peinture grise et dépeint sa vie, telle qu’il la perçoit, la ressent.

Une vie tellement riche parfois mais, en cet instant, un blanc,absence de couleur, instinctivement comblé par le désespoir, la noirceur, la douleur, le chagrin…

Mais cette fois-ci la femme qu’il aime s’en est allée, même elle n’a pu supporter les humeurs changeante de cet artiste en mal de reconnaissance, même elle n’a pu, à force d’amour, le rassurer, le stimuler, le combler. S’il faisait fausse route, s’il cherchait de lui-même les incertitudes qui chamboulent sa vie ?

Il va changer, partir à sa recherche,.Elle a du aller chez sa mère en banlieue parisienne. Il va la rejoindre, et enfin l’aimer…

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